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MYTHES
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Mythes & Légendes
Légende de Saint-Ronan Ronan était né en Hibernie. Un jour qu'il était en prières, un ange lui demanda au nom de Dieu d'aller habiter dans la terre de Cornouaille.
Quelque temps plus tard, des pêcheurs virent arriver venant vers eux un rocher ballotté par les vagues. Quand le rocher fut proche, ils virent un homme agenouillé dessus. Ils l'appelèrent car ils craignaient pour leurs bateaux mais le rocher passa au milieu d'eux sans dommage et se dirigea vers un des havres de la côte. Laissant son rocher sur la plage, l'homme, Ronan en descendit.
Il était arrivé sur les rives du Léon sur la côte nord de la Bretagne Les Léonards avaient la réputation d'être des naufrageurs. Les hommes étant à la pêche, ce furent les femmes qui virent arriver le voyageur. Elles pensaient le dépouiller mais devant son aspect misérable et ses vêtements déchirés, elles ne firent rien. Sitôt arrivé, Ronan chercha à les convaincre d'arrêter leurs actes de piraterie. Devant leurs refus, il demanda à Dieu de rendre puissante la clochette qu'il avait amené avec lui. Grâce à cette clochette, les marins évitaient cette côte dangereuse.
Les naufrages ayant cessé, les femmes s'en prirent à celui qu’elles estimaient responsable. Le saint décida de partir de cette contrée inhospitalière et alla vers la plage. Le rocher qui l'avait emmené d'Hibernie était toujours là. Ronan monta dessus et le rocher se transforma en jument de pierre qui partit au galop en passant au milieu de la population médusée et ne s'arrêta qu'au pied du Ménez Hom. C’était le lieu que Dieu avait choisi. Ronan construisit donc une hutte de branchages et reprit la vie de prières qu'il aimait. La hutte était bien placée à l'orée d'un bois, à flanc de montagne etface à la mer. Mais le saint n'était pas venu là pour se reposer. Tous les jours, il marchait ; le matin vers l'est et l'après-midi vers l'ouest. Il parcourait ainsi l'étendue de son domaine sans voir personne. Les habitants se demandaient qui était cet inconnu et ce qu'il était venu faire en ce lieu.
Un jour, un chêne s'abattit sur un bûcheron. Ronan qui était pris pour un sorcier, fût accusé de l'avoir poussé; un petit groupe décida d'aller l’agresser durant la nuit. Juste avant d'accomplir ce forfait, le chef du village, le penn-tiern, les mit en garde.
- Si c'est un sorcier, il saura éviter les coups, et s'il est innocent, vous allez accomplir un acte mauvais. Finalement, tout le monde se rallia au penn-tiern et il fut décidé que ce dernier irait voir Ronan. Ronan le reçut, lui parla de sa foi ; le penn-tiern se convertit et voulut rester mais le saint lui demanda de revenir parmi les siens pour rendre compte de sa mission. Le penn-tiern obéit.
Cependant, dès qu'il le put, il retourna près de Ronan pour l'écouter. L'influence de Ronan sur le penn-tiern déplut à Kében sa femme. Elle décida de se débarrasser du saint et d'incendier sa demeure. Elle s'allia avec des ennemis de Ronan et une nuit, ils partirent pour incendier la hutte.
Lorsqu’ils en furent proches, la jument de pierre immobile depuis des années se mit à hennir. Les incendiaires terrorisés s'enfuirent sauf Kében. Pendant ce temps, Ronan était apparu sur son seuil et lui avait demandé de partir. Elle voulut se jeter sur lui mais ses jambes restèrent paralysées. Elle ne put bouger que lorsque Ronan le décida. Elle partit espérant se venger.
Une nuit, elle prit sa petite fille et l'enferma dans un coffre ; puis, elle alla se plaindre de sa disparition et accusa Ronan. Surpris de ses accusations, le roi Gradlon fît un procès.
Au cours du procès, Ronan plaida son innocence ; Gradlon lança ses deux dogues sur le saint, en disant :
- Si Ronan est innocent, les chiens ne lui feront rien.
Devant les molosses, Ronan fit un signe de croix et dit aux chiens
- Obéissez à Dieu.
Les chiens s'arrêtèrent et vinrent lui lécher les mains. Le roi fut convaincu de l'innocence de l’accusé. Celui-ci demanda alors d'amener le coffre de Kében. Dans lequel on découvrit le corps de la fillette. Kében chercha encore à accuser Ronan mais ses accusations ne portèrent plus. Sur une parole du saint, l'enfant se leva et courut dans les bras de son père. La foule voulut lapider la mauvaise mère mais Ronan s'y opposa. Ronan retourna dans son pénity et repris sa vie normale. Au bout de plusieurs mois, les calomnies recommencèrent, Ronan décida alors de quitter la région et alla s'établir à Hillion à coté de Saint-Brieuc où il mourut la veille d'un Vendredi Saint.
La nouvelle de sa mort se propagea vite en Bretagne et beaucoup de comtes et d’évêques se disputèrent sa sépulture mais personne ne savait où Ronan souhaitait être enterré. Les chefs des tribus ne savaient pas où déposer son corps car ils avaient peur que si l’endroit ne convenait pas au saint, des calamités s’abattent sur la région. Une personne dit enfin :
- De son vivant, personne n'a jamais su le comprendre. Mettons son cercueil sur un char tracté par 4 boeufs et laissons les boeufs aller à leur guise. Ronan les guidera.
Le chariot parti et bientôt s'arrêta au milieu de la forêt. 20 hommes tentèrent de descendre le cercueil mais n’y réussirent pas. L’assemblée décida donc de laisser le cercueil sur le char et durant la nuit, le corps de Ronan et la table du chariot se pétrifièrent.
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