Traditions antiques

La Science du SOUFFLE

Dans l’Antiquité, en Egypte et en Inde, la Science du Souffle avait une très grande importance.
Chez les Hindous, on considère la Science du Souffle comme le principe de la Vie Universelle, de Jiva.
Jiva, c’est la vitalité, un des sept principes qui entrent dans la composition de l’Homme. La vitalité de l’Homme, sa vie est désignée par le terme Sanskrit Prâna.
Prâna a donné naissance au mot Prânâyâmâ qui désigne la Pratique de la Respiration profonde, laquelle consiste à inspirer le plus d’air possible et à le retenir le plus longtemps dans les poumons.

Les Egyptiens attachaient également une grande importance à la Science du Souffle, à travers Le Livre des Respirations, Sha-an ou Shaï-an- Sin-Sin. Ce livre témoigne que dans l’Antiquité, les Egyptiens maîtrisaient l’anatomie, la physiologie, la médecine, l’hygiène, et les fonctions de la respiration et de la digestion.

Le Livre des Respirations, attribué à Thoth, remplissait le même rôle que la science que doit acquérir le Yogi pour se mettre en catalepsie pendant un laps de temps plus ou moins long et puis ensuite, revenir à la vie commune, comme tous ses contemporains.

Voici l’interprétation la plus littérale, en même temps que la plus ésotérique, de cet antique monument.
Le commencement du Livre des Respirations, est composé par Isis pour son frère Osiris, afin de faire revivre son âme ; pour faire renaître son corps, pour rajeunir par conséquent à nouveau tous ses membres, afin qu’il puisse arriver à l’horizon avec son Père le Soleil, et pour que son âme s’élève au ciel, dans le disque de la Lune. Pour que son corps brille dans les étoiles de Sahu, c’est-à-dire dans Orion, au sein de Nu-t…

Les Grands Initiés, les Prêtres d’Amon-Ra, devaient seuls posséder ce Livre. Osiris N… désigne le défunt pour qui était écrit ce livre, déposé dans son cercueil, auprès de la momie.
Quand la momie est purifiée, elle peut atteindre les Champs de Hotep, c’est-à dire littéralement les Champs de repos. Cette purification et cet embaumement avaient une grande importance, aussi se faisaient-ils sous les yeux des Déesses Uati et Nexeb, qui présidaient au lavage, au nettoyage et à la purification du ventre de la momie.
Ces mêmes Déesses symbolisent ordinairement le Nord et le Midi ; en outre d’après Le Livre des Morts, elles avaient aussi un rôle funéraire important.

Les Déesses de la justice ou Déesses Ma représentent la justice qui punit et celle qui récompense ; elles étaient chargées de compléter la purification du défunt ; c’est pour cela, qu’une fois ses souillures effacées, le défunt était introduit dans la Grande Salle du Jugement, dénommée aussi, Grand’salle des Déesses Ma.
En sortant de cette dernière salle et après avoir été purifié dans celle de Seb (la Terre) et dans celle de Shu (le Ciel), le défunt entrait dans le Tiaou Ciel inférieur (séjour des morts ou astral inférieur) ; là, il voit Ra sous la forme d’Atou (soleil nocturne). Ptaph lui façonne un nouveau corps astral ; mais cette nouvelle enveloppe est toute différente du corps matériel charnel qu’a quitté le défunt.

Alors Amon se tient auprès du défunt et lui donne le souffle (pneuma) et quand il l’a reçu, le nouvel homme entre à l’horizon avec le soleil et son âme peut monter Nes-hem, c’est-à-dire la barque solaire d’Osiris. Enfin l’âme est divinisée dans

la demeure de Seb ; celle-ci équivaut au Nirvana des Hindous, car l’âme est justifiée à perpétuité et éternellement, dès lors elle n’a plus à subir de réincarnations bien que conservant son individualité.

- Oh, Osiris N… Ton Individualité est permanente, ton corps est durable, ta momie germe et tu n’es repoussé du ciel, ni de la Terre, car ta face est illuminée auprès du Soleil, car ton âme vit auprès d’Amon, car ton corps respire près d’Osiris (le Dieu grand) et il respire éternellement, car le Dieu Amon vient vers toi avec les souffles de vie, il te fait respirer dans ton cercueil. Chaque jour, tu peux monter ou descendre sur la Terre puisque tu as eu comme sauvegarde Le Livre des Respirations du Grand Thoth et par lui, tous les jours tu respires et par tes yeux, tu contemples les rayons du disque.

Par Osiris, te sera annoncée la vérité et sur ton corps sont inscrites les formules justificatives et Horus protège ton corps, il divinise ton âme, ainsi que celles de tous les Dieux.

Les Egyptiens considéraient, du reste, ce livre comme un talisman véritable, qu’ils donnaient aux morts.
Mais les vivants Initiés qui savaient lire entre les lignes, possédaient là, un véritable Traité, dans lequel ils puisaient toutes les notions qui pouvaient leur être utiles pour éviter les maladies de toutes sortes.

E. BOS